L'infiltration est fondamentalement différente de la condensation : l'eau ne vient pas de l'air intérieur, elle entre de l'extérieur ou monte du sol. Le matériau est saturé en permanence — pas seulement lors des pics d'humidité. C'est pour ça que la moisissure associée est souvent plus sévère, plus profonde, et qu'elle revient systématiquement si on se contente de repeindre.
Distinguer une infiltration d'une condensation
La condensation est diffuse et symétrique : elle touche les zones froides de manière prévisible (angles, derrière les meubles). L'infiltration est localisée et liée aux précipitations ou à la saison.
- Auréole brune ou jaunâtre bien délimitée sur un mur ou plafond, qui s'agrandit après les pluies. La tache a une forme régulière — elle suit le trajet de l'eau.
- Peinture qui cloque ponctuellement — non pas sur toute la surface du mur, mais à un endroit précis qui ne change pas.
- Efflorescences salines (salpêtre) en bas des murs : dépôts blancs pulvérulents ou cristallins. Ce sont des sels minéraux dissous dans l'eau du sol qui précipitent en surface en séchant. Signe quasi certain de remontée capillaire.
- Saisonnalité marquée : le problème s'aggrave en automne-hiver ou après de fortes pluies, se stabilise en été. Une condensation, elle, suit plutôt la température intérieure.
Les quatre origines principales
1. La toiture
Tuile cassée ou glissée, gouttière bouchée qui déborde et ruisselle contre le mur, noue ou faîtage endommagé. La fuite se manifeste souvent au plafond du dernier étage, mais peut cheminer le long d'une charpente avant d'apparaître à distance de la source réelle. Ne pas s'arrêter à l'endroit où la tache apparaît — inspecter toute la surface du toit concernée.
2. Les murs et menuiseries
Fissure de façade (fissure capillaire ou fissure traversante), joint de fenêtre décollé ou fissuré, appui de fenêtre sans goutte d'eau qui laisse ruisseler l'eau vers le mur, enduit extérieur dégradé. L'eau pénètre par capillarité dans les matériaux poreux (brique, pierre, parpaing) et ressort côté intérieur sous forme de tache ou de moisissure.
3. Les remontées capillaires
L'eau du sol monte dans les murs par capillarité — le même mécanisme qu'une éponge posée dans de l'eau. Ce phénomène concerne principalement les maisons anciennes construites sans coupure capillaire (membrane étanche à la base des murs). La hauteur de remontée dépend de la porosité du matériau : jusqu'à 1,5 m dans un mur de brique. Diagnostic : humidité permanente en pied de mur, salpêtre visible, aucune corrélation avec la pluie.
4. Plomberie encastrée
Fuite lente sur un raccord ou une canalisation noyée dans la dalle ou le mur. L'eau s'accumule dans l'épaisseur du matériau pendant des mois avant que la tache apparaisse. Indice : tache qui grossit sans lien avec les précipitations, parfois accompagnée d'une légère augmentation de la facture d'eau.
Un déshumidificateur traite l'humidité de l'air. Une infiltration humidifie directement le matériau — la source est continue. Faire tourner un déshumidificateur dans une pièce avec une fuite active, c'est vider une baignoire avec une cuillère en laissant le robinet ouvert. La réparation structurelle passe en premier, toujours.
Que faire selon la source
- Fuite de toiture : couvreur. Inspecter après chaque épisode pluvieux intense pour localiser précisément. Intervenir avant l'hiver — une charpente humide qui gèle subit des contraintes importantes.
- Fissure de façade ou joint défaillant : rebouchage à l'enduit hydrofuge pour les fissures fines, remplacement des joints de menuiserie, application d'un hydrofuge de façade sur les façades exposées aux vents de pluie.
- Remontées capillaires : injection de résine hydrofuge dans la maçonnerie (technique de l'arase chimique). C'est la solution durable. Les enduits de drainage et les peintures anti-humidité ne font que déplacer le problème ou le masquer temporairement.
- Fuite de plomberie : plombier avec caméra d'inspection si la canalisation est encastrée. Prévoir la réfection du revêtement après séchage complet (plusieurs semaines).